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Marais de Saint-Timothée (QC158)

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Marais de Saint-Timothée (QC158)

Saint-Timothée, Québec

Latitude 45,276°N
Longitude 73,957°O
Altitude 47 - 49m
Superficie 3,35km²

Description du site

Le marais de Saint-Timothée est situé le long de la rive nord du canal de Beauharnois, à environ 25 km au sud-ouest de Montréal. Le canal de Beauharnois est un affluent du fleuve Saint-Laurent qui a aussi été désigné comme une Zone importante pour la conservation des oiseaux. Des digues permettent de contrôler le niveau d'eau du marais et des étangs aménagés par Canards Illimités. La majorité des terres entourant le site sont consacrées à l'agriculture.

Oiseaux

Le marais de Saint-Timothée accueille une grande diversité d'oiseaux associés à ce milieu, ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux aquatiques. Lors de l'évaluation du site pour la désignation ZICO à la fin des années 1990, trois espèces aviaires se sont démarquées en raison de leurs effectifs présentant un nombre significatif au niveau national : la guifette noire, la grande aigrette, le petit blongios (une espèce désignée menacée au Canada). Ainsi, à cette époque, une centaine de guifettes noires fréquentaient le site durant la période de reproduction. Par contre, aucune n'a été observée en 2013. Plus récemment, au cours de l'été 2000, 65 grandes aigrettes ont été recensées sur le site, ce qui représente environ 10 % de la population canadienne de l'espèce. De même, l'inventaire de 2010 a permis de dénombrer 18 petits blongios et de confirmer la présence de nids, positionnant ainsi le marais parmi les 10 sites les plus importants pour cette espèce au Québec. Après la saison de nidification, le site est parfois fréquenté par un nombre impressionnant d'hirondelles. On y a déjà dénombré jusqu'à 100 000 hirondelles bicolores et 800 hirondelles de rivage. Ces hirondelles utilisent le site comme dortoir : elles passent la nuit dans les secteurs arbustifs qui ont été produits à partir des troncs qui parsèment le plan d'eau. Au printemps et à l'automne, des nuées d'oiseaux noirs (carouges à épaulettes, étourneaux sansonnets, vachers à tête brune et quiscales bronzés) se concentrent dans les roselières qui couvrent les îlots. On y a ainsi noté un maximum de 10 000 carouges à épaulettes en 1996. Le grèbe à bec bigarré, le bihoreau gris et la gallinule poule-d'eau sont également présents sur le site au cours de la même période. Les oies fréquentent aussi le secteur en grand nombre au cours des migrations. On y a ainsi enregistré des maximums de 8 500 bernaches du Canada au printemps et de 6 000 grandes oies des neiges à l'automne. De nombreux canards s'y arrêtent également durant cette période, dont les canards colvert, d'Amérique, noir, chipeau, branchu, les sarcelles à ailes bleues et d'hiver ainsi que le fuligule à collier. Le marais est également connu pour héberger de petites populations nicheuses de foulque d'Amérique, de grand héron, de canard souchet et de fuligule à tête rouge. Il s'agit d'ailleurs d'un des rares endroits au Québec où niche ce dernier.

Enjeux de conservation

Le site est géré par le Parc régional de Beauharnois-Salaberry. Bien qu'il soit compris à l'intérieur d'une zone d'interdiction de chasse (ZIC), des contrevenants sont observés chaque année. De plus, la circulation de VTT, de motoneiges et de fondistes dans les milieux naturels de la ZICO sont susceptibles d'entraîner une dégradation des habitats. La population croissante de rats musqués communs entraîne des effets indésirables sur les aménagements fauniques et récréatifs en raison des nombreux tunnels que ces rongeurs creusent dans la digue. Pour cette raison, un contrôle des rats musqués a été effectué à l'hiver 2013. La qualité des écosystèmes aquatiques est également affectée par la pollution diffuse générée par les activités agricoles sur le territoire. De plus, la propagation de plantes envahissantes, comme le butome à ombelle et le roseau commun, exerce des pressions considérables sur la flore indigène de ces habitats. Un des deux bassins endigués s'embourbe de plantes très rapidement, réduisant ainsi la superficie d'eau libre. Ceci pourrait affecter sérieusement certaines populations d'oiseaux, dont le petit blongios. Enfin, le nombre d'arbres pouvant soutenir un nid de grand héron est en baisse majeure. Des nids se retrouvent actuellement à moins de 50 mètres de la piste cyclable traversant le marais. En collaboration avec la Société d'observation de la faune ailée (SOFA), les Amis de la réserve nationale de faune du Lac-Saint-François mettent en 'uvre différentes actions de sensibilisation et de conservation dans la ZICO. Parmi les actions réalisées récemment, notons l'organisation d'une randonnée guidée avec des élèves de l'école secondaire Edgar-Hébert, la participation au programme de surveillance des marais et la réalisation d'un suivi des plantes exotiques envahissantes.

Habitat du poisson

Une variété de poissons dulcicoles et diadromes cohabitent dans les différents habitats de cette ZICO. On peut trouver entre 70 et 80 espèces au total (incluant les mentions historiques) dans le secteur. Plusieurs espèces, telles le grand brochet, la perchaude et la carpe fréquentent les herbiers aquatiques et les zones inondables pour la fraie, l'alevinage et l'alimentation. D'autres, comme le doré jaune, l'espèce d'eau douce ayant la plus grande importance économique au Canada, préfèrent plutôt frayer en eaux vives. Une particularité de ce secteur est la présence de salmonidés (truites brunes et arc-en-ciel, et saumons) introduits pour la pêche sportive. Les saumons sont introduits dans les Grands Lacs et quelques-uns dérivent jusqu'au fleuve où ils sont parfois capturés par des pêcheurs sportifs. Il y a également de petits ensemencements de truites brunes et arc-en-ciel dans les zones de courant (dans le fleuve) pour la pêche sportive.

Plusieurs pressions menacent la disponibilité des habitats du poisson : la création de remblais, l'artificialisation des rives, l'expansion résidentielle, commerciale et industrielle ainsi que le développement du réseau routier, tandis que les rejets agricoles, industriels et urbains détériorent la qualité de l'eau. Le dard de sable, entre autres, est très vulnérable à la pollution et figure maintenant sur la liste des espèces menacées. Parmi les autres espèces en péril fréquentant le site, on trouve l'esturgeon jaune, le fouille-roche gris, le méné d'herbe, l'anguille d'Amérique et des mentions historiques de chevalier cuivré, un poisson endémique du Canada désigné en voie de disparition. De plus, la présence d'espèces envahissantes, comme le gobie à taches noires, met en danger la dynamique naturelle des écosystèmes et la régulation du niveau de l'eau à partir des Grands Lacs présente des risques pour les habitats de reproduction de certaines espèces.

Principales espèces présentes :
Achigan à petite bouche
Alose savoureuse
Anguille d'Amérique
Carpe
Chevalier cuivré
Dard de sable
Doré jaune
Esturgeon jaune
Fouille-roche gris
Grand Brochet
Maskinongé
Méné d'herbe
Perchaude
Truite brune
Truite arc-en-ciel
Saumon

Flore

Le secteur est caractérisé par des eaux claires et alcalines ayant un débit lent. Ceci favorise le développement d'herbiers aquatiques qui peuvent couvrir jusqu'à 50 % des plans d'eaux. Les herbiers submergés sont dominés par la vallisnérie américaine et le myriophylle à épi, tandis que les marais émergents sont peuplés par les scirpes, les sagittaires et les quenouilles. Plusieurs espèces de canards s'alimentent dans ces milieux, dont les fuligules qui affectionnent particulièrement la vallisnérie américaine.

L'érosion des berges, que ce soit en raison des facteurs naturels (vents, cycles de gel et de dégel, absence de glace pour protéger les berges au printemps) ou humains (vagues provoquées par le passage des navires), menace les habitats riverains. Les variations du niveau d'eau dans le corridor fluvial influencent l'écologie des espèces végétales et animales qui y vivent. Une diminution importante et prolongée des périodes d'immersion des berges pourrait avoir des conséquences sur la flore en favorisant la croissance d'espèces végétales plus terrestres, à caractère arbustif et même arborescent. En outre, la propagation d'espèces envahissantes exerce des pressions considérables sur la flore indigène de ces habitats.

Principales espèces présentes :
Myriophylle à épi – espèce envahissante
Quenouille à feuille étroites
Quenouille à feuilles larges
Sagittaire dressée
Sagittaire latifoliée
Scirpe d'Amérique
Scirpe des étangs
Vallisnérie américaine

Catégories ZICO Habitats Usages Menaces Potencielles ou Existantes Status de Protection
Quiscale rouilleux
Nombre Année Saison
30 - 602017Printemps
1002012Automne
502005Automne
252004Automne
Petit Blongios
Nombre Année Saison
202000Été