Saint-Barthélemy, Québec
Le site est situé près du village de Saint-Barthélemy, sur la rive nord du lac Saint-Pierre, à environ 75 km à l'est de Montréal. Il s'étire le long de la côte sur une distance de 11 km et possède une largeur d'environ 3,5 km. La voie ferrée constitue la limite nord du site. La ZICO est principalement constituée de champs agricoles qui sont inondés presque tous les printemps et sont cultivés en été. À certains endroits, Canards Illimités a élevé des digues et creusé des canaux dans le but de contrôler le niveau de l'eau, ce qui a contribué à la création de trois haltes migratoires, de deux marais et d'une zone aménagée pour les poissons.
Au cours de la migration printanière, le site s'avère une importante aire de repos pour la Grande Oie des neiges, la Bernache du Canada et le Canard pilet. Jusqu'à 55 00 Grandes Oies des neiges, soit 1 % de la population nord-américaine, y ont ainsi déjà été observées, et, en 1999, 60 000 Bernaches du Canada, soit plus de 1 % de la population mondiale, y ont été recensées. Le Canard pilet compte également parmi les espèces qui s'y trouvent en abondance avec un nombre significatif de 10 000 individus. À l'automne, le site accueille également un bon nombre de Canards noirs avec 2000 oiseaux, ce qui correspond à 1 % de la population de l'Atlantique pour cette espèce.
Au cours de l'été et l'automne, le nombre et la diversité d'oiseaux à ce site sont moins importantes, peut-être en partie en raison des activités agricoles qui s'y déroulent durant cette période.
Au printemps et à l'automne, les Buses pattue et à queue rousse utilisent le territoire pour la chasse et, en hiver, c'est au tour du Harfang des neiges d'y être observé (environ une douzaine d'individus). Au début du printemps, on peut également y apercevoir d'importants groupements de Bruants des neiges (jusqu'à 15 000 individus).
La préservation de la qualité de l'eau est un enjeu majeur pour la conservation des habitats et de la biodiversité des ZICO du secteur du lac Saint-Pierre. Les résultats concernant le taux de plusieurs métaux lourds, comme le plomb, le chrome, l'aluminium, le cuivre et le fer, obtenus lors de la mesure de la qualité de l'eau de surface, dépassent fréquemment le niveau acceptable. De plus, les échantillonnages de sédiments démontrent que la teneur en BPC et en plomb au fond du lac dépasse elle aussi régulièrement les critères de qualité établis pour le dragage. Les activités agricoles, qui occupent la majeure partie du territoire, impliquent essentiellement des monocultures dites « payantes ». Ce type d?agriculture est peu compatible avec le type d?habitat qu?on retrouve sur ce territoire, soit des terres souvent inondées. Les fertilisants et les autres produits chimiques qui sont utilisés pour ces cultures occasionnent une réduction importante la qualité de l'eau. Bien que peu d?études aient été réalisées à ce jour en ce qui concerne la contamination par bioaccumulation chez les oiseaux, les résultats acquis jusqu?à présent indiquent la présence de pentachlorophénol, d?hexachlorocenzène et de DDT. Étant donné le nombre élevé de navires qui utilisent la voie maritime du Saint-Laurent, la menace d?un déversement d?hydrocarbures est toujours présente : en 1988, 37 600 tonnes de carburant ont été déversées accidentellement dans le port de Sorel. Le site fait partie de la Réserve mondiale de biodiversité du lac Saint-Pierre, décrétée par l'UNESCO. Il est reconnu comme étant une zone humide d?importance internationale par la convention RAMSAR. Il a également reçu le statut de zone inondable désignée (ZID) et il est inclus dans la zone d?intervention prioritaire (ZIP) du lac Saint-Pierre. Trois organismes non gouvernementaux ont fait l'acquisition de 3,9 km2 de terrain afin de créer des aménagements fauniques en tenant compte de la vocation agricole du milieu. Canards Illimités a également créé des aménagements fauniques visant à favoriser la préservation de la sauvagine à différents endroits dans la ZICO.
Le secteur du lac Saint-Pierre est un élargissement du fleuve qui représente une des plus importantes zones de milieux humides en eaux douces du Québec. Son archipel et les abords du lac abritent de vastes herbiers aquatiques, des marais et des marécages arborescents fréquentés par plus d'une soixantaine d'espèces de poisson. Lors des crues printanières, la plaine inondable est un site important de fraie et d'alevinage pour de nombreuses espèces de poissons, tels la perchaude et le grand brochet. Plusieurs espèces des poissons fréquentant le lac et ses affluents sont sur la liste des espèces en péril. C'est le cas du chevalier cuivré, un poisson endémique du Québec en voie de disparition, l'esturgeon jaune, une espèce menacée au Québec, et l'anguille d'Amérique, une espèce préoccupante. La plus grande population connue de méné d'herbe, une autre espèce dont le statut est préoccupant, est localisée dans le secteur du lac Saint-Pierre.
La diminution des habitats disponibles est notamment attribuable à l'assèchement des milieux humides pour favoriser l'agriculture et le contrôle des niveaux d'eau dans le Saint-Laurent. La navigation commerciale et de plaisance provoque une érosion des rives par le batillage, tandis que le dragage du chenal modifie l'écoulement des eaux et la structure des habitats présents. L'implantation de l'industrie agricole à l'échelle des bassins versants, la présence de nombreuses industries en amont du lac Saint-Pierre, la densité de population et la villégiature sont responsables de la dégradation de la qualité de l'eau. La population de doré jaune, un poisson très sensible à la pollution, semble être en déclin dans le secteur depuis plusieurs années, tout comme la perchaude, qui a été longtemps l'espèce commerciale la plus importante du secteur.
Principales espèces présentes :
Anguille d'Amérique
Barbotte brune
Chevalier cuivré
Doré jaune
Doré noir
Esturgeon jaune
Grand Brochet
Méné d'herbe
Perchaude