Baie-Sainte-Catherine, Québec
L'île Rouge est presque située en plein coeur de l'estuaire moyen du Saint-Laurent, non loin de l'embouchure de la rivière Saguenay. On peut y accéder par bateau à partir du village de Baie-Sainte-Catherine, qui se trouve à 13 km en aval sur la rive nord du fleuve. Le site de l'île Rouge comprend les habitats terrestres et littoraux qui s'étendent jusqu'à la plus basse limite des marées. Son paysage se compose de galets, d'un peu de végétation et d'une bande de sable à l'extrémité est qui se découvre lors de la marée basse. L'île comporte également un phare et des habitations qui lui sont associées.
L'île Rouge constitue la principale halte migratoire pour les limicoles dans la région comprise entre La Malbaie et Pointe-des-Monts, sur la rive nord, et La Pocatière et Matane, sur la rive sud, ce qui correspond à une bonne partie de l'estuaire. Au cours des recensements qui ont été effectués en 1981, il a été constaté que l'île hébergeait 32 % de toute la population de limicoles qui se trouvaient dans le secteur. On y a aussi évalué qu'un nombre d'environ 2680 oiseaux occupait chaque hectare. Le plus grand décompte obtenu lors d'une seule journée de recensement a été de 13 401 individus. Le Pluvier argenté est de loin l'espèce qui se retrouve en plus grand nombre avec un total de 10 000 oiseaux observés à la fois, ce qui équivaut probablement à 7 % de la population de l'Amérique du Nord. De ce fait, l'île Rouge est considérée par plusieurs comme la plus importante aire de repos pour cette espèce dans l'est du continent américain.
Parmi les autres espèces de limicoles qui présentent une forte concentration d'individus, on retrouve le Bécasseau violet avec un total de 300 oiseaux dénombrés au cours de l'hiver de 1999, soit 3 % de la population de l'Amérique du Nord, et le Tournepierre à collier avec un total de 890 oiseaux recensés en 1981. Le Bécasseau semipalmé est aussi bien représenté avec un maximum de 2500 individus observés.
En plus des limicoles, l'île Rouge accueille plusieurs laridés. En septembre 1996, on y a ainsi dénombré 5000 Mouettes tridactyles, 1000 Goélands argentés et 700 Goélands marins et, au cours de la saison de nidification de 1995, 550 couples de Goélands argentés et 1900 couples de Goélands à bec cerclé ont été enregistrés.
Enfin, l'île héberge environ 336 couples d'Eiders à duvet nicheurs (il s'agit de la moyenne des résultats obtenus lors des recensements effectués de 1992 à 1995) et, au cours de l'hiver, jusqu'à 1100 Canards noirs et 8621 Hareldes kakawis fréquentent les eaux qui l'entourent.
Toute la portion du site qui est située entre la plus basse et la plus haute marée fait partie du Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, un parc géré à la fois par les gouvernements fédéral et provincial. Le phare et les habitations qui lui sont associées appartiennent, quant à eux, à la Garde côtière canadienne. Le site sera aussi éventuellement compris dans la Zone d'intervention prioritaire de l'estuaire moyen du Saint-Laurent (ZIP no 18) du Plan d'action Saint-Laurent – Vision 2000, une initiative des gouvernements fédéral et provincial. Enfin, en raison de la très grande concentration de limicoles que l'on y retrouve, l'île est considérée comme un site d'importance régionale dans le Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage de l'hémisphère occidental.
Le dérangement excessif des oiseaux par les humains et les déversements d'hydrocarbures qui pourraient survenir en raison de l'achalandage élevée de la voie maritime du Saint-Laurent sont les principales menaces qui guettent le site.
Le paysage régional se définit par la présence de marais à spartine, d'herbiers de zostère marine, d'estrans rocheux et de plages de gravier et de galets. Certaines rivières du territoire sont d'importants sites de fraie pour l'éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent). Au début de l'été, on peut parfois observer le capelan qui roule sur les plages lors de sa reproduction. La dévalaison de l'anguille d'Amérique vers ses sites de reproduction dans l'Atlantique, qui a lieu à l'automne, permet la pratique de la pêche à la fascine. Deux autres espèces exploitées commercialement sillonnent les eaux libres de l'estuaire : l'esturgeon noir et le hareng atlantique.
La perte d'habitat du poisson demeure une problématique majeure dans la région. Les aboiteaux, par exemple, ont diminué grandement les sites propices à la reproduction du poisson, tandis que les terres agricoles en bordure du fleuve, le développement résidentiel et de villégiature et l'érosion côtière sont responsables de la destruction de plusieurs écosystèmes riverains.
Principales espèces présentes :
Anguille d'Amérique
Alose savoureuse
Capelan
Éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent)
Épinoches
Esturgeon noir
Hareng atlantique
Les îles rocheuses du secteur sont formées de schistes et de quartzite. Malgré les conditions peu propices à l'enracinement, certaines espèces floristiques parviennent à y croître. Sur le côté exposé aux vents, on y retrouve principalement des mousses et des plantes basses comme le genévrier et la canneberge. Les secteurs plus à l'abri présentent des zones boisées où dominent les épinettes. Dans la portion balayée par les marées, les algues colonisent le substrat rocheux.
La barrière géographique que constitue le fleuve Saint-Laurent procure aux ZICO insulaires une protection naturelle, souvent rehaussée d'une protection juridique. Toutefois, la pollution des eaux et les risques de déversements d'hydrocarbures demeurent des enjeux préoccupants pour la flore et la faune du secteur.
Principales espèces présentes :
Canneberge
Épinettes
Genévrier horizontal