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Marais de Gros-Cacouna (QC043)

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Marais de Gros-Cacouna (QC043)

Cacouna, Québec

Latitude 47,946°N
Longitude 69,498°O
Altitude 0 - 65m
Superficie 45,91km²

Description du site

Les marais de Gros-Cacouna sont situés sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à environ 10 km à l'est de la ville de Rivière-du-Loup. Le site s'étend le long de la côte sur une distance de 10 km et comprend les vasières, qui peuvent atteindre jusqu'à 1 km de largeur, ainsi que la zone marine qui s'étire sur une distance de 2 km vers le large. Le site englobe également le rocher de Cacouna, l'île de Gros-Cacouna ainsi qu'une petite baie située à l'est de l'île. Parmi les autres éléments présents dans le site, on retrouve des champs cultivés, des digues et le port de Cacouna.

Oiseaux

Un recensement des oiseaux aquatiques effectué en 1988 a permis de dénombrer 115 000 individus au printemps et 45 000 individus à l'automne, deux données qui s'avèrent significatives au niveau mondial. La différence entre les deux nombres est principalement attribuable au fait que l'on retrouve un nombre beaucoup plus important de Grandes Oies des neiges au printemps, mais elle peut aussi provenir du fait que les oiseaux évitent ce secteur de crainte de tomber dans la mire d'un chasseur à l'automne. Au printemps, le site peut être visité par plus de 100 000 Grandes Oies des neiges, ce qui correspond à 15 % de la population nord-américaine pour cette espèce. Le Canard noir et le Garrot d'Islande sont également d'autres espèces qui se distinguent. En effet, on y a déjà recensé 3000 Canards noirs au cours de l'automne de 1979, ce qui équivaut à 1 % de la population mondiale, et 50 Garrots d'Islande au cours du printemps de 1993, ce qui représente 2 % de la population de l'Est pour cette espèce. Parmi les autres espèces notables, on compte le Canard pilet et la Sarcelle d'hiver avec plus de 1000 individus observés chacun ainsi que plusieurs espèces dont les nombres varient de 100 à 600 individus : la Bernache cravant, l'Harelde kakawi, le Canard chipeau, la Sarcelle à ailes bleues, le Canard d'Amérique, le Harle huppé et les trois espèces de macreuses.

Le site est également considéré comme l'un des trois plus importants secteurs pour les limicoles sur la rive sud du fleuve, entre La Pocatière et Matane. On y a ainsi déjà recensé un nombre incroyable de 10 000 Pluviers argentés en 1977, ce qui correspond à 7 % de la population nord-américaine pour cette espèce. En 1978, 1000 Pluviers semipalmés et 1000 Bécassins roux ont aussi été enregistrés à cet endroit, ce qui équivaut respectivement à 2 et à 1 % de la population mondiale pour chacune de ces espèces. Le nombre de Bécassins roux représente un haut pourcentage en ce qui concerne la population migratrice qui emprunte le corridor offert par le fleuve Saint-Laurent et la population nicheuse qui choisit de s'établir dans le nord-est du continent (principalement au Québec).

Le site abrite également un bon nombre de Bihoreaux gris; ceux-ci nichent dans les environs et utilisent la forêt de feuillus située au sud-ouest de l'île de Gros-Cacouna comme aire de repos pour la nuit. On y a ainsi recensé 120 individus au cours du printemps de 1994, ce qui correspond à plus de 1 % de la population canadienne pour cette espèce.

Les marais situés à l'est du port de Cacouna accueillent, pour leur part, plusieurs Râles jaunes; 9 mâles ayant en effet été dénombrés à cet endroit en 1993, ce qui en fait le troisième territoire de nidification en importance au Québec pour cette espèce.

Le site héberge également d'autres espèces nicheuses, dont quelques-unes ne présentent qu'un petit nombre ou ne possèdent qu'une petite aire de répartition au Québec. C'est le cas notamment du Bruant de Nelson, du Phalarope de Wilson, du Bruant de LeConte et du Troglodyte des marais. Cinq espèces en péril au niveau national ont aussi été rapportées durant l'été ou au cours de la période migratoire à l'intérieur du site; il s'agit de l'Arlequin plongeur, de la Buse à épaulettes, du Petit Blongios, du Faucon pèlerin et du Hibou des marais.

Les falaises situées au nord-ouest de l'île de Gros-Cacouna abritent, pour leur part, une petite colonie de Guillemots à miroir (16 individus en 1990) alors que le rocher de Cacouna est fréquenté par le Goéland argenté (maximum de 670 couples en 1990), le Goéland marin (maximum de 75 couples en 1990) et l'Eider à duvet (maximum de 349 couples en 1990). Il est à noter que le nombre d'eiders a chuté considérablement au cours de la dernière décennie : seulement 49 couples étaient en effet présents en 1996.

Enjeux de conservation

Le site demeure vulnérable aux risques de déversements d'hydrocarbures, comme l'ensemble des autres ZICO en bordure du Saint-Laurent. De plus, le développement portuaire pourrait occasionner diverses pressions sur le milieu. Des sentiers pédestres, des tours d'observation, ainsi que des étangs artificiels ont pu être construits sur le site grâce à la participation financière de partenaires, tels Hydro-Québec et Transport Canada. Au printemps 2012, des îlots flottants ont été installés dans l'étang de la Montagne afin d'offrir des aires de repos et de nidification pour la sauvagine. Le site fait désormais partie du parc côtier Kiskotuk, inauguré en novembre 2012.

Habitat du poisson

Le paysage régional se définit par la présence de marais à spartine, d'herbiers de zostère marine, d'estrans rocheux et de plages de gravier et de galets. Certaines rivières du territoire sont d'importants sites de fraie pour l'éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent). Au début de l'été, on peut parfois observer le capelan qui roule sur les plages lors de sa reproduction. La dévalaison de l'anguille d'Amérique vers ses sites de reproduction dans l'Atlantique, qui a lieu à l'automne, permet la pratique de la pêche à la fascine. Deux autres espèces exploitées commercialement sillonnent les eaux libres de l'estuaire : l'esturgeon noir et le hareng atlantique.

La perte d'habitat du poisson demeure une problématique majeure dans la région. Les aboiteaux, par exemple, ont diminué grandement les sites propices à la reproduction du poisson, tandis que les terres agricoles en bordure du fleuve, le développement résidentiel et de villégiature et l'érosion côtière sont responsables de la destruction de plusieurs écosystèmes riverains.

Principales espèces présentes :
Anguille d'Amérique
Alose savoureuse
Capelan
Éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent)
Épinoches
Esturgeon noir
Hareng atlantique

Flore

Le paysage littoral de la région est ponctué de marais salés. Les espèces végétales qui y poussent sont particulièrement bien adaptées aux rigueurs du milieu. Elles occupent différentes parties du marais en fonction de leur tolérance à la salinité de l'eau et aux périodes d'immersions causées par les marées. On y retrouve principalement la spartine alterniflore, la spartine étalée et la salicorne d'Europe. La formation serrée des tiges et l'impressionnant réseau racinaire de la spartine alterniflore favorisent le dépôt et la rétention des sédiments, réduisant ainsi l'érosion côtière. Dans les secteurs à faibles courants, la zostère marine colonise les sols vaseux, tandis que les algues marines prennent pied sur les substrats rocheux.

La destruction et la perte d'habitat (par le remblayage des rives, l'assèchement des marais, l'urbanisation) sont les principales menaces qui affectent les écosystèmes du secteur. La pollution des eaux et les risques de déversements d'hydrocarbures demeurent des enjeux préoccupants. La propagation d'espèces envahissantes est à surveiller. Il est à noter que la région abrite 18 espèces floristiques endémiques, dont 2 espèces menacées au Québec.

Principales espèces présentes :
Spartine alterniflore – espèce vedette
Salicorne d'Europe
Spartine étalée
Zostère marine

Catégories ZICO Habitats Usages Menaces Potencielles ou Existantes Status de Protection
Pluvier argenté
Nombre Année Saison
1 0001995Automne
1 0001994Automne
5211994Printemps
9261993Été
5501993Printemps
8001986Printemps
8001985Printemps
500 - 1 0001979Automne
8001978Automne
10 0001977Automne
1 3001975Automne
8001974Automne
1 2001973Automne
1 0001973Été
7501972Printemps
Bernache cravant
Nombre Année Saison
8 000 - 10 0002012Printemps
Oie des neiges
Nombre Année Saison
5 000 - 50 0001997Printemps
5 000 - 12 0001995Printemps
6 000 - 15 0001994Printemps
8 0001993Printemps
5 000 - 10 0001992Printemps
5 000 - 20 0001991Printemps
15 0001990Hiver
5 000 - 34 0001990Printemps
5 000 - 11 0001989Printemps
5 000 - 15 0001988Printemps
5 000 - 10 0001987Printemps
5 000 - 10 0001986Printemps
100 0001985Printemps
5 000 - 6 0001981Printemps
5 0001980Printemps
Garrot d'Islande
Nombre Année Saison
30 - 501993Automne
21 - 301991Automne
401989Printemps
501984Printemps
241976Printemps
Plongeon catmarin
Nombre Année Saison
3282012Printemps